Assistance sexuelle des personnes handicapées : saisine du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) par le gouvernement

« La société a mûri » sur ce sujet, même s’il reste « tabou ». C’est sur la base de ce constat que le gouvernement a décidé ce week-end de rouvrir le débat sur le recours à des assistants sexuels pour les personnes handicapées. La secrétaire d’Etat Sophie Cluzel a saisi en ce sens le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) le 2 février dernier.

Saisi en 2012, le CCNE n’avait pas donné de feu vert à la mise en place d’aidants sexuels, que certaines associations souhaitaient voir autorisés en France. »La question posée est celle du ‘droit à’, qui ne doit pas aller à l’encontre de la non-commercialisation des corps », rappelle Jean-François DELFRAISSY, président du CCNE.

« Il n’est pas possible de faire de l’aide sexuelle une situation professionnelle comme les autres en raison du principe de non-utilisation marchande du corps humain », avait considéré le CCNE dans son avis d’octobre 2012.

Sophie Cluzel juge « indispensable de rouvrir la réflexion éthique en abordant le sujet de l’assistance sexuelle avec une vision renouvelée ». Elle plaide ainsi pour l’instauration d’un comité citoyen spécialisé, à l’instar de ce qui a été fait lors des États généraux de la bioéthique.

Réclamés par les associations, mais encore interdits en France, de tels accompagnements existent ailleurs en Europe (Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Danemark). Dans ces pays, ce sont de véritables soins dispensés par des professionnels (kinésithérapeutes, masseurs, infirmières…) à des personnes seules ou en couple, mais pas suffisamment autonomes pour vivre pleinement leur désir. Cela va de la simple caresse à la relation sexuelle. En France, ces prestations sont assimilées à de la prostitution. Et la mise en relation, à du proxénétisme.

Sources : Le Monde, Le Journal du Dimanche

 

Pour aller plus loin: