Le taux de remboursement passera de 30 % à 15 % en 2020, puis à 0 % au 1er janvier 2021, a fait savoir la ministre de la santé, Agnès Buzyn, mardi soir, dans un entretien au « Parisien ».
Inscrits au remboursement depuis 1984, avec un taux longtemps fixé à 65 %, les médicaments homéopathiques ont connu une baisse de ce taux, ramené à 35 % en 2003 par Jean-François Mattei, avant de descendre une nouvelle marche à 30 % en 2011. Aujourd’hui pris en charge à 30 % par l’Assurance-maladie, le remboursement devrait passer à 15 % dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2020 adopté cet automne, puis à 0 % dans le PLFSS 2021 adopté à l’automne 2020.
La décision gouvernementale suit l’avis adopté le 26 juin par la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS), qui a estimé que l’efficacité des médicaments homéopathiques n’était pas scientifiquement prouvée après l’analyse de près de 1 000 études et l’examen de 29 contributions. Elle avait constaté qu’« aucune étude n’a démontré la supériorité en termes d’efficacité (morbidité) de l’approche homéopathique par rapport à des traitements conventionnels ou au placebo ».
Si la grande majorité de ces traitements sont vendus sans ordonnance et sont non remboursés – comme Oscillococcinum ou Cocculine (Boiron) –, la prise en charge à 30 % de cette médecine alternative a représenté 126,8 millions d’euros de dépense pour l’Assurance-maladie en 2018, sur un total d’environ 20 milliards d’euros pour l’ensemble des médicaments remboursés.


