Dans un monde utopique, tout le monde aurait droit au meilleur et en toutes circonstances. Les accès au bien naître, au bien grandir, au bien guérir, au bien vieillir et même, au bien mourir, seraient équitables et les ressources afférentes seraient illimitées et ce, quels que soient nos besoins, nos attentes et nos conditions physiques, psychiques, sociales, géographiques ou culturelles.
Malheureusement, dans les faits, il n’en est rien. À l’échelle individuelle, il est déjà laborieu de détricoter la maille complexe de nos propres besoins et intérêts (distinguer ce que l’on croit être bon, ce que les autres croient être bon et ce qui l’est vraiment). À l’échelle de la société, il semble délicat, voire impossible, de faire coïncider les intérêts individuels et collectifs sans que l’ombre du compromis, de l’injustice ou de la frustration ne vienne planer au-dessus de la fragile concorde.
Les débats, parfois enflammés, que nous avons pu mener au Forum Européen de Bioéthique au cours de ces quinze dernières années prouvent évidemment qu’il n’y a pas d’universalité dans le débat public.
Chacun-e a ses idées, ses idéaux, ses croyances et ses limites, si bien que cela peut nous donner l’illusion d’un dialogue impossible. Et dans une société où les avis sont de plus en plus tranchés, contrastés à l’extrême, ne plus s’entendre fragilise davantage un vivre ensemble déjà précaire.
Le monde paraît se fragmenter en blocs archaïques qu’on croyait obsolètes.
Certaines frontières, autrefois ouvertes, se hérissent de barbelés. Certains droits, certaines libertés fondamentales pour lesquelles nombre d’entre nous se sont battus avec obstination reculent jusqu’à basculer dans l’obscurantisme.
La science, dont l’auguste mission a comme seule vocation d’apporter un semblant d’objectivité sur le regard que l’on porte au monde, se voit en plusieurs lieux, muselée, censurée, enfermée.
Au Forum Européen de Bioéthique nous mesurons la chance que nous avons de vivre au sein d’une société plurielle et mosaïque, bien plus hétérogène qu’elle ne l’était avant mais sûrement plus fertile et ouverte aux idées brassées aux quatre vents des cinq continents.
L’enjeu fondamental et sur lequel nous serons jugés par les générations futures sera celui de parvenir à faire société, à trouver la ligne de crête qui nous permettrait de choisir pour nous et nos enfants, le meilleur, en matière de santé, d’environnement, d’éducation…
En bioéthique, on pose souvent la question du normal et du pathologique mais cette année, nous nous efforcerons de focaliser notre attention sur celle de l’individuel et du collectif.
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