Le département SHS de la faculté de médecine de Brest, en collaboration avec l’Espace de Réflexion Ethique de Bretagne (EREB), 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗶𝗻𝘃𝗶𝘁𝗲 𝗮̀ 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝗶𝗽𝗲𝗿 𝗮̀ 𝘀𝗮 𝟭𝗲̀𝗿𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲́𝗲 𝗮𝗻𝗻𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝘁𝗵𝗲̀𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗮̂𝗴𝗶𝘀𝗺𝗲.

L’âgisme apparaît lorsque l’avancée en âge est utilisée pour catégoriser et diviser les personnes entrainant ainsi des préjudices, des désavantages et des injustices. Il peut prendre de nombreuses formes, se traduisant par des attitudes empreintes de préjugés, des actes discriminatoires des politiques et des pratiques institutionnelles.

L’âgisme existe-t-il dans notre système de soin et nos pensées ? Qu’en faire en souhaitant maintenir les nécessaires solidarités et proximités intergénérationnelles, déterminantes aussi pour le développement des plus jeunes ? Réfléchissons ensemble à ces questions à partir de contributions pluridisciplinaires, sociologues, psychologues, médecins…

Argumentaire

Les dessous pas chics de l’âgisme : quelle résistance éthique à l’heure de la transition démographique ?

Pour Butler (1969), l’âgisme reflète le profond malaise des jeunes et des adultes d’âge mûr face à la vieillesse. Se nourrissant de la peur de l’impuissance et de l’inutilité arbitrairement associés à l’avancée en âge, il correspond à une aversion que les uns et les autres ont à l’égard du vieillissement, de la maladie et de l’incapacité. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), qui a repris le concept proposé par Robert Butler, l’âgisme désigne encore le fait « d’avoir des préjugés ou un comportement discriminatoire envers des personnes ou des groupes en raison de leur âge » (tout comme la couleur de la peau et le sexe dans le cas du racisme et du sexisme), ce qui est dans bien des cas source de préjudices, de désavantages et d’injustices. Cette discrimination liée à l’âge aurait des conséquences délétères sur la santé physique et mentale des personnes âgées, causant plus de 6 millions de cas de dépression dans le monde. Pour Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, l’âgisme est « si répandu et si bien accepté — dans nos attitudes comme dans nos politiques, nos lois et nos institutions — que nous ne réalisons pas les répercussions qu’il a sur notre dignité et sur nos droits ». Alors qu’il remet en cause trois principes éthiques cardinaux : le principe de l’égalité, de la dignité humaine et de la responsabilité, qu’est-il vraiment mis en place pour faire face à cette plaie sociale ? L’âgisme, s’il peut être étudié sans se référer au modèle médical, ne doit-il pas pour autant être appréhendé par l’éthique médicale ? Quand  est requis un critère d’âge pour entrer dans un service de soins, comment s’assurer que cela demeure un critère juge de paix et non une invitation supplémentaire à la discrimination ? A l’heure où les non-dits sont levés face à l’indifférence dans laquelle vivent les personnes âgées résidant en Ehpad, comment ne pas être interpellé par la carence du lien qui s’y étale encore trop souvent ? N’imprègne-t-elle pas si bien les mentalités qu’elle paraît quasiment normale ? Réfléchir à ce « pur modèle d’aliénation à visée autruicidaire », ainsi que l’a établi Jean Maisondieu, ne ressort-il pas d’une urgence éthique ? Au gré de l’infantéisme ambiant, voire du « passing de l’âge », soit de cet effort pour rester jeune à tout prix, chacun a t’il conscience d’y co-participer au moins à fleur de conscience ?

 

Programme

9h – Béatrice Cochener – Lamard (PUPH en ophtalmologie, Doyenne de l’UFR de médecine de l’UBO – LATIM) : « introduction de la journée Âgisme par la doyenne de l’UFR de médecine » et – Armelle Gentric (PUPH en gériatrie, Vice-Doyenne déléguée à la pédagogie de de l’UFR de médecine de l’UBO – EPS) : « âgisme en santé »

9h 30 – Philippe Thomas (Gériatre, Psychiatre, sémioticien, CERES de Limoges) : « Lectures sémiotique de l’âgime, pourquoi, pour qui, comment »

10h – Guillaume Bronsard  (PUPH en pédopsychiatrie, Directeur du département SHS de l’UFR de médecine de l’UBO – SPURBO) : « Du jeunisme à l’âgisme »

10h 30 – pause

11h – Anne -Hélène Le Cornec Ubertini (MCF HDR en Sciences de l’information et de la communication – UBO – LABERS) et Mirka Mesquita (Enseignante-Chercheuse en Psychologie – UBO – SPURBO) : « immersion en service de gériatrie »

11h 30 – Clément Desbruyères (Doctorant en Sociologie au LABERS – UBO) : « Âge, fragilité et décisions de soin : regard sociologique ».

12 h Conclusion de la matinée par Pierre Charazac, Psychiatre du sujet âgé, Psychanalyste, et grand témoin pour la matinée

Questions

12h 30 Déjeuner

14h Brice Loddé (PUPH en médecine du travail – UBO – ORPHY) : « âgisme en santé au travail »

14h 30 Cyril Hazif-Thomas, Psychiatre du sujet âgé, juriste, directeur EREB : « Les personnes âgées au risque de la pandémie : a-t-on été âgiste pendant la crise sanitaire ? »

15h Jean-Claude Monfort, Gériatre, Psychiatre, Paris : « Syndrome de Diogène et âgisme ».

15h30 Marguerite Charazac, Psychanalyste, université catholique de Lyon : « Prévention du suicide et âgisme ».

16-h Cyril Hazif-Thomas et Guillaume Bronsard : Conclusion

 

Inscriptions

 

La journée aura lieu le mardi 27 juin à la faculté de médecine de Brest. 𝗣𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗶𝗻𝘀𝗰𝗿𝗶𝗿𝗲 (places limitées), précisez dans votre demande par mail votre profession ou votre statut d’étudiant (en indiquant dans quelle discipline) à l’adresse 👉 celine.neven@chu-brest.fr