L’exigence de solidarité envers les personnes âgées

L’exigence de solidarité envers les personnes âgées

Le vendredi 16 décembre 2022

 Amphithéâtre de l’IFSI du CHGR

IFSI-IFAS CHGR
15 rue du Bois Perrin
35703 Rennes

 

Traiter de la solidarité est un défi tant la notion est polysémique, voisine de la fraternité et souvent reprise dans le champ des politiques publiques. Qu’il s’agisse d’assistance aux plus démunis, de justice sociale ou encore d’équilibre dans le monde, la notion de solidarité est souvent évoquée comme allant de soi. Pour autant, et qui plus est dans le champ du grand âge et de la santé, sur quoi repose-t-elle exactement ? Alors que le soin est de plus en plus technique, avec une objectivation croissante du corps, il peut être ardu de retrouver la promesse de solidarité que le soin d’une personne en tant que personne, emporte. Au-delà, à l’échelle de la société, la solidarité peut-elle être aujourd’hui une voie à parcourir vers un monde après la pandémie ? Notamment concernant les plus âgés d’entre nous qui ont payé un lourd tribut à la crise sanitaire ?

Qu’elle porte son regard vers le droit -« Solidarité » vient de solidum, terme qui, chez les jurisconsultes romains, servait à désigner l’obligation qui pesait sur les débiteurs lorsque chacun d’eux était tenu pour le tout (in solidum) ou vers la philosophie morale, avec l’idée d’interdépendance de tout être, tout porte à considérer que le respect de l’autre et la solidarité sont regardés comme deux principes éthiques de base quant à la politique d’accompagnement du vieillissement. La lumière portée sur cette interdépendance invite à penser les liens entre précarité et solidarité car il y a loin de l’interdépendance à la solidarité lorsque la défiance s’installe et la fraternité s’éloigne, au risque de mettre à mal la crédibilité de la promesse républicaine. Les révélations récentes sur la maltraitance banalisée au sein de certains groupes privés d’Ehpad témoignent sans doute de problèmes systémiques d’encadrement mais aussi d’une vision étriquée de la fécondité sociale de nos aînés, d’une dévalorisation de leur expérience de vie et de leur courage face à la mort.

Nourrir mais aussi renouveler notre compréhension de l’agir moral envers les plus âgés, sur les traces des « vertus d’une dépendance reconnue » et ouverte à l’idéal de fraternité et d’hospitalité face aux « déficiences des dispositifs qui règlent les relations des hommes entre eux dans la famille, l’Etat et la société » (Freud) est une nécessité urgente. Il s’agira dès lors de questionner les interrelations entre solidarités familiales et publiques et leur impacts sur l’organisation communautaire en faveur du grand âge mais également de réfléchir aux fondements éthiques de notre système de santé et médico-social sur la base d’une solidarité qui devrait constituer le fond de notre existence collective, de l’inscription dans nos communauté de vie, et dans la chaîne du temps par l’investissement du lien intergénérationnel. Méditer que nous sommes des êtres de liens, que nous cohabitons dans la même maison c’est aussi tendre vers des actes de générosité qui nous décentrent et nous installent dans la joie du don (Jollien).

C’est en quoi la solidarité rassemble puisqu’elle incarne tant une dimension profonde de notre intériorité qu’un principe républicain fondateur de la vie sociale dans sa tripartition que composent la famille, la société et l’Etat. Comment résiste-t-elle aujourd’hui au mouvement d’appauvrissement de l’Etat confronté au vieillissement de la population ? L’érosion des collectifs autrefois protecteurs et la déconstruction des affiliations protectrices ne nous entraînent-t-elles pas vers une conception privatiste de la solidarité ? Or si l’homme est lié aux autres et à la société pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, il l’est également, et avant tout, pour répondre à son besoin vital de reconnaissance affective, sociale et politique, source de son identité et de son humanité.

N’est-ce pas dans l’anthropos que se trouve « la primitive solidarité interhumaine » et cela ne nous oblige-t-il pas à comprendre que cela va bien plus loin que la seule journée de solidarité envers les personnes âgées et handicapées initiée par la loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées ?

Programme prévisionnel

 

9h15 : Propos introductifs (monsieur Marc FEDELE et monsieur HAZIF-THOMAS)

9h30 : « Attente ou exigence de solidarité envers les personnes âgées ? » (Monsieur Jean-Michel BOLES)

10h : « La solidarité : d’un principe fondateur de la République à la banalisation consensuelle d’une idée » (Monsieur Christian BYK)

10h30 : « Quelle démarche éthique pour l’accompagnement des personnes âgées handicapées vieillissantes ? » (Madame Aline CORVOL)

11h : Table ronde – La solidarité intergénérationnelle

  • Monsieur Michel Botbol
  • Madame Stéphanie Bouhris
  • Madame Catherine DRAPERI
  • Monsieur Marc FEDELE
  • Madame Gaëlle MARIE-BAILLEUL
  • Monsieur Hubert STEPHAN

 

12h30 : Repas libre

 

14h : « Les personnes âgées au risque de la pandémie : enseignements éthiques » (Monsieur Jean-François DELFRAISSY)

14h30 : « Solidarité citoyenne et accompagnement du grand âge » (Monsieur Fabrice GZIL)

15h : « L’exigence de dignité dans l’accompagnement des personnes âgées : vers une société solidaire ? » (Monsieur Alain DE BROCA)

15h30 : « Aidants familiaux et solidarité nationale » (Monsieur Cyril HAZIF-THOMAS et Madame Laetitia MARCUCCI)

16h : « La politique de déploiement des soins palliatifs en France : quelle cohérence pour quelle solidarité ? » (Monsieur Vincent MOREL)

17h : « Clinique de la précarité et souffrance psychosociale des personnes âgées » (capsule vidéo – Monsieur Jean FURTOS

17h20 : Conclusion

 

Inscriptions