ANNULE – Colloque « Marginalité, fraternité et accès aux soins »

En raison des mouvements de grève, le colloque est annulé et sera reporté à une date ultérieure.

 

 

Colloque : Fraternité, marginalité et accès aux soins

Vendredi 6 décembre 2019

Hôtel de Rennes Métropole

Programme en cours de finalisation

 

ARGUMENTAIRE

Ce n’est qu’assez récemment que les sciences de la santé se sont penchées, à l’instar du droit, sur la dimension active de la fraternité. Si on parle volontiers d’inégalités de santé, on n’aborde pas les manquements à l’approche fraternelle des plus vulnérables, l’indifférence, parfois inhumaine, ni même le manque d’empathie qui les sous-tend. Certes ces « oublis » ont concouru, dans une visée préventive de la maltraitance, à ce que se développe une culture de la bientraitance, aujourd‘hui suffisamment médiatisée mais encore assez inexactement identifiée en termes d’exigences éthiques d’accompagnement personnalisé.

Pourtant la déontologie médicale et la pensée éthique ont toujours investi, la confraternité pour la première (c’est l’objet de l’article 56 du CDM), le « pacte de fraternité » pour l’autre (par exemple dans la cadre du don du sang).

Promouvoir l’accueil authentique de l’étranger, du migrant isolé, de la personne clochardisée, du fou, du marginal…paraît sans doute relever d’une solidarité bien pensée mais conduit encore trop souvent à des compromis équivoques, au nom de la charité bien ordonnée, de la prise en compte d’intérêts dits « supérieurs », du respect de l’ordre public…

La poursuite de l’intérêt général apparait alors, comme le bien commun, étrangement dissociés de la bienfaisance consubstantielle à la pratique de l’art médical et comme recouverts par une politique d’accueil polluée par la culture du rejet, au risque de perdre le chemin de la dignité, du sens de la liberté, de l’espace éthique ouvert par l’accès aux soins.

Comment penser l’accès aux soins des plus fragiles, sans donner sa place à la grandeur du geste soignant, sans reconnaître le partage d’un sort commun, sans donner corps à cette attitude que caractérise assez bien le terme de fraternité, que le conseil constitutionnel a récemment intégré au rang des principes reconnus par sa jurisprudence ?

Comment bien articuler fraternité et hospitalité pour donner toute sa valeur à la solidarité, sans oublier les contraintes économiques du vivre ensemble ? Toutes ces questions seront approfondies et orientées vers une interrogation fondatrices de ce colloque : la fraternité, située au frontispice de la devise républicaine, peut-elle encore constituer le cœur de l’éthique du « prendre soin ».