Colloque : De l’éducation à la santé à l’engagement dans les pratiques alternatives complémentaires : quelle éthique pour quel accompagnement ?

De l’éducation à la santé à l’engagement dans les pratiques alternatives complémentaires : quelle éthique pour quel accompagnement ?

Nombre de pratiques non-médicales ou parallèles à la médecine académique ont longtemps été perçues comme alternatives, en rupture avec l’art médical alors qu’elles sont le plus souvent vécues aujourd’hui par les patients comme complémentaires. Les usagers du système de santé construisent de plus en plus leur itinéraire thérapeutique personnel en y faisant cohabiter des consultations médicales de haute technicité et des démarches adjuvantes relevant d’un tout autre univers.

Plus de 180 pratiques alternatives et complémentaires ont été recensées dans le champ de la santé. Il s’agit le plus souvent de pratiques « encadrées », comme l’ostéopathie, l’homéopathie et l’acupuncture, mais les patients peuvent aussi recourir à des méthodes locales dite encore traditionnelles (guérisseurs, magnétiseurs), à des techniques de relaxation (sophrologie, hypnothérapie…), de manipulation (réflexologie, chiropraxie, étiopathie), relation corps-esprit (yoga, shiastu), de plantes et remèdes « naturels ») ou de médecine chinoise….L’exemple de la méditation mérite notamment un éclairage pédagogique tant elle est investie aujourd’hui à la fois dans le champ de la santé mentale mais aussi de la recherche sur les pathologies cardio-vasculaires, les maladies systémiques et du cancer… et au-delà dans le cadre d’une maladie chronique soit, selon le ministère de la Santé : « une maladie de longue durée, évolutive, avec un retentissement sur la vie quotidienne. Elle peut générer des incapacités, voire des complications graves ».
Concernant, en 2012, 19 millions de personnes atteintes d’une maladie chronique, ces maladies chroniques représentent à l’évidence « un nouveau paradigme pour notre système de santé et appellent des dispositifs ou des innovations qui permettent une prise en charge globale des personnes concernées, et autant que possible personnalisées. »

Dans presque la moitié des cas ces techniques complémentaires sont pratiquées régulièrement, plusieurs fois par mois voire par semaine, depuis plus d’un an voire sur plusieurs années et de plus en plus souvent afin d’améliorer la qualité de vie, les algies, la fatigue… et une relation « revisitée » à la santé, plus globale et respectueuse d’une philosophie de vie. C’est dire à quel point la question de l’accompagnement global individualisé pose question aujourd’hui et ouvre des questions éthiques dans le rapport aux thérapies conventionnelles : investissement d’une « feelgood » philosophie ou d’un rapport plus en lien avec l’éducation, à l’hygiène de vie, à la valeur écologique et spirituelle du souci de soi et d’autrui, impliquant de facto le sens de l’ethos de la conduite soignante ? Quelle place, donc, dans l’écologie de la relation de soin, pour ce que l’Académie de Médecine nomme les traitements complémentaires et le Conseil national de l’Ordre des Médecins les médecines alternatives complémentaires ? Quelle éducation à cette santé non pas 2.0 mais plus traditionnelle qui voit parfois se conjuguer rejet de la médecine conventionnelle et demande de soin du corps psychique, voire d’accompagnement spirituel, et dans tous les cas d’élargissement de l’offre thérapeutique ?

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