Est-il moral de s’opposer au suicide d’un patient ? REPORTE

Cet événement est reporté à une date ultérieure en raison des mesures prises contre le Co-Vid19.

 

 

Est-il moral de s’opposer au suicide d’un patient ?

 Formulée comme telle, la question semble convenue et la réponse entendue : il y a bel et bien une exigence éthique de prévention du suicide. Mieux, la dépénalisation du suicide, le fait qu’il ne soit pas puni, ne peut en aucun cas être considéré comme la reconnaissance d’un droit au suicide. La déontologie médicale invite d’ailleurs les médecins à protéger la vie et rappelle que les soignants ont a priori le devoir de contrecarrer le processus suicidaire, cette spirale conduisant tragiquement à ce que Victor Hugo nommait « une mystérieuse voie de fait sur l’inconnu ».

Pourtant la clinique des personnes en souffrance psychique mais aussi l’évolution des moeurs et des lois montre que le débat n’est pas fermé quant à la compréhension de certains suicides aboutis et aussi à l’acceptation sociale de « demandes valides d’aide à la mort » ; de même certaines situations de maintien artificiel de la vie questionnent encore et toujours cette doxa selon laquelle il est toujours préférable de ne pas donner suite à la dynamique suicidaire ou à la volonté utile de mourir.

La question ainsi reformulée peut bien sûr paraître une interrogation intrigante, voire irritante pour de nombreux soignants, ainsi que pour de nombreux citoyens, c’est pourtant un préalable qui relance le questionnement éthique autour du sens ou du non-sens, de la pertinence ou de l’absurdité du rapport qu’on entretient à la mort, et de sa figure la plus vive, celle du suicide. Espérons, que le débat introduit par deux intervenants reconnus chacun dans leur domaine d’excellence (suicidologie, éthique du soin…) puisse aider chacun à deviser éthiquement, afin d’ouvrir à une troisième voix : celle du public et de donner ainsi corps  à l’opinion citoyenne.