Conduite à tenir autour d’un cas suspect, probable ou confirmé d’infection à Monkeypox virus

Compte tenu de l’alerte relative à des cas groupés d’infection par Monkeypox virus (MPXV) dans plusieurs pays européens et de cas signalés en France, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) présente des recommandations concernant les différentes thérapeutiques disponibles (antiviraux, immunoglobulines spécifiques, plasmas hyper-immuns) contre l’infection chez l’homme et la doctrine de recours à ces dernières.

Le MPXV ou virus de la variole du singe est un virus dont le principal réservoir est constitué par de petits rongeurs sur le continent africain ; l’Homme se contamine habituellement au contact de rongeurs ou de singes infectés. L’augmentation significative et brutale à partir d’avril 2022 du nombre de cas autochtones dans plusieurs régions non endémiques pour le MPXV et éloignées les unes des autres, par transmission interhumaine, fait de ce virus un agent biologique pathogène émergent.

Le HCSP recommande en priorité de mettre en place un traitement de support adapté si nécessaire (traitement d’une fièvre mal tolérée, d’une encéphalite, d’un sepsis, d’une surinfection cutanée ou respiratoire bactérienne).

 

Concernant les différentes thérapeutiques disponibles (antiviraux, immunoglobulines spécifiques) contre le MPXV et la doctrine de recours à ces dernières, et selon expertise au cas par cas, le HCSP recommande :

  • de ne pas traiter systématiquement tous les cas confirmés avec un antiviral ou des immunoglobulines.
  • de discuter de façon collégiale (infectiologue référent, praticien prenant en charge le patient et le cas échéant l’ANSM et le CNR) l’opportunité d’un traitement spécifique pour les populations cibles (immunodéprimés dont les personnes vivant avec le VIH, femmes enceintes, sujets jeunes) ;
  • de hiérarchiser les thérapeutiques spécifiques si leur indication est jugée nécessaire :
  • Utiliser le tecovirimat en première intention, du fait de sa disponibilité par voie orale et sa tolérance.
  • Utiliser le brincidofovir en deuxième intention, sous réserve de disponibilité (avantages : voie orale, meilleure tolérance que le cidofovir).
  • Utiliser le cidofovir en troisième intention, en raison de ses inconvénients : voie injectable, forte toxicité rénale et hématologique ainsi qu’un potentiel effet carcinogène, tératogène et reprotoxique. Ce produit est actuellement disponible en accès compassionnel.
  • Réserver les immunoglobulines humaines anti-vaccine (VIG) pour des populations particulières, lorsque les antiviraux ne peuvent pas être utilisés : femmes enceintes, jeunes enfants avec poids de moins de 13 kg.

Ces recommandations sont complétées par la proposition de mesures de précaution / prévention à mettre en place :

  • dans le cadre de la prise en charge d’un éventuel cas suspect ou confirmé en établissement de santé pour les patients et les professionnels de santé,
  • ainsi qu’à domicile.

Source: Haut conseil en santé publique (HCSP), Communiqué de presse